03 août 2006
02 août 2006
EAU : économies, économies ---> Revue N° 159 "Terre vivante" << les quatre saisons du jardinage >>
N° 159 Revue <terre vivante >
" les quatre saisons du jardinage " Juillet/Août 2006
° Terre vivante” Domaine de Raud 38710 MENS
tél.04 76 34 80 80/ fax 04 76 34 84 02
www.terrevivante.org e mail : info@terrevivante.org
° P. 77
<< Ceux qui ont visité le Centre Terre vivante connaissent déjà le circuit de l'eau, exposition évolutive sur les économies d'eau et les moyens de limiter sa pollution.
D'autres ont consulté les < FICHES RESSOURCES > (disponibles sur le site www.terrevivante.org) sur la récupération de l'eau de pluie ou les toilettes sèches, ou encore les deux ouvrages < L'EAU À LA MAISON > et < LE GUIDE MALIN DE L'EAU AU JARDIN >
Le Centre est aujourd'hui plus que jamais concerné : il n'est pas relié au réseau d'eau de la ville, et le forage qui couvre nos besoins en eau ne s'est pas reconstitué au niveau habituel en début de saison. Voilà une forte motivation pour que chacun, salariés et visiteurs, soit plus que jamais vigilant pour éviter les consommations abusives ...
°P. 58 Récupérez l’eau de pluie ...
° P. 45 à 47
ARROSER SOLAIRE : pourquoi pas ?
+ Pompe de surface + pompe immergée
Bonnes adresses
Exemples de matériels et de prix (Société Solargis)
° P. 59 à 63 Aides et énergies renouvelables
CHAUFFE-EAU SOLAIRE
C’est le moment
Grâce au Plan Soleil, le chauuffe-eau solaire individuel colonise enfin les toits français ; il s’en est installé 14 000 en 2005, contre 3 700 en 2002.
Arrivé à maturité, cet équipement permet une belle économie d’énergie, car le soleil n’envoie pas de facture. >>
-----------------
Additif indépendant de cette revue
Créer, inventer des dispositifs d’impluviums à même le sol avec réservoirs enterrés pour la conservation, ou des bâches sur des tréteaux amovibles, facilement déplaçables, pour récolter le maximum d’eau de pluie dans des collecteurs divers ou directement au pied de certains arbres, de certaines plantations, à l’aide d’un réseau de tuyaux souples, légèrement enterrés ...
Plus que jamais mettons en commun nos imagination et créativité !
29 juillet 2006
Revue ALLIANCE N° 9 - Mai/Juin 2006
ALLIANCE N° 4 2005 - 3 euros - pour une Europe des Consciences
Domaine de Chardenoux 71500 Bruaille tél. 03 85 60 40 33 fax / 03 85 60 40 31
<alliance@europedesconsciences.fr
SOMMAIRE Revue Alliance N° 9
Mai/Juin 2006
ÉCHOS DE L’ENVIRONNEMENT 2
- Être chimiste et écologiste ne conduit pas à être schizophrène
- Voitures à partager à Lyon, Strasbourg et à Marseille.
- Des plantes et des hommes
- www.institut-gandhi.org
Cet institut édite la revue Alliance.
ÉDITORIAL 3
- La société civile Alain Chevillat
Pour les personnes qui voudraient nous aider à faire connaître la revue Alliance autour d’elles, envoi de 10 exemplaires à 30 euros franco, ou de 20 exemplaires pour 50 euros franco (chèque à l’ordre d’Alliance).
DOSSIER GANDHI AUJOURD’HUI 5 ...
- Gandhi est d’actualité A. Chevillat
- Un prêtre catholique sur les pas de Gandhi avec Christian Delorme
- Désobéissance civile en Inde
Medha Patkar en grève de la faim par Nathalie Calmé
- “ L’amour est une force vive “ avec Ravindra Varma - fondateur et enseignant à l’Institut d’études gandhiennes de Wardha - par Nathalie Calmé
- S’attaquer au problème du chômage par Joseph Siby - philosophe et économiste qui enseigne à l’Institut d’études gandhiennes de Wardha
- Entretien avec Joseph Siby par Nathalie Calmé
- Économie, écologie et spiritualité
Pour un nouvel art de vivre et de travailler
Morceaux choisis réunis en préparation des IVè Rencontres des Consciences du 20 au 26 août 2006, à Chardenoux
° Un regard éclairé sur l’ordre cannibale du monde
° Changer de paradigme
° Un autre regard sur les pauvres
° La richesse humaine ou l’argent virtuel
° La fraternité au lieu du profit
° Pour une économie humaniste
° Le recours à la sagesse
° Agir autrement
---> Pouvoir de la société civile
---> Pouvoir de l’entreprise
<< Dans la guerre commerciale, les frontières n’abritent rien ni personne et la connaissance finale de cette sournoise déflagration généralisée est de profaner, si l’on n’y prend garde, bien plus que ses créations : l’esprit lui-même >>, a écrit Pierre Rabhi. C’est précisément pour que chacun puisse y prendre garde que ces << IVè Rencontres Europe des Consciences >> pour un nouvel art de vivre et de travailler se veulent exploration de ces questions et recherche de solutions d’ensemble à l’échelle d’une société et de l’individu. >> dossier réalisé par Anne de Grossouvre
- Éducation nationale
Nous posons-nous les bonnes questions ? par Marie Hazier
Premiers étonnements - L’agitation - La baisse de niveau - La langue de bois - La démotivation - L’espoir ?
- 10 idées reçues sur les OGM - un document de GREENPEACE
www.greenpeace.fr 22, rue des Rasselins 75020 Paris tél. 01 44 64 02 02
---> Procès gagné pour KOKOPELLI P. 47
---> OGM : victoire sur les marchands du vivant : arrêt du Conseil d’ÉTAT disponble sur http://www.conseil-etat.fr P. 48
- “ La France en action “ rencontre avec Jean-Marc Governatori
Bâtiment I.D. - RN 16 - 95270 Chaumontel
tél. 08 10 81 28 72 fax 08 10 59 96 48
www.lafranceenaction.com
Livre “ Vivre c’est possible. 207 propositions pour une nouvelle société “ Le Courrier du Livre
RÉSEAU, LIVRES, INFOS, ABONNEMENTS ... 38
- Un journal - Nouvelles Clés
- Un événement - Pèlerinage aux sources de la pensée gandhienne ...
23 juillet 2006
HERMÉTISME : SAGESSE ÉTERNELLE - texte communiqué
L'HERMÉTISME
LA SAGESSE ETERNELLE
« Je t'invoque, toi qui es plus grand que tout, qui as tout créé, qui es né de toi-même, qui vois tout et qui n'es point vu. C'est toi qui as donné au Soleil sa gloire et toute sa puissance, à la Lune de croître et de diminuer et de suivre une course régulière, sans avoir rien enlevé aux ténèbres antérieures, mais en attribuant à tous une part égale. Car c'est avec ton apparition que le monde vint à l'être et que la lumière apparut. Toutes choses te sont soumises, toi dont aucun des dieux ne peut voir la vraie forme, toi qui, tandis que tu revêts toutes les formes, demeures l'invisible Aïon de l'Aïon. » (1)
Voilà un extrait du Poimandrès, un texte faisant partie de ce que les ésotérologues et les historiens ont convenu d'appeler le Corpus Hermeticum. Depuis l'époque hellénistique, à laquelle ils auraient été écrits, les textes attribués à Hermès Trismégiste n'ont cessé de faire rêver, d'inspirer et de nourrir les plus fabuleuses quêtes d'Absolu. On remplirait des tomes entiers avec les noms des personnes, célèbres ou anonymes, initiées ou profanes, qui se laissèrent gagner par la quête hermétique.
Philosophes, mystiques, ésotéristes, érudits, scientifiques et alchimistes… autant de générations de chercheurs qui trouvèrent les réponses aux questions primordiales dans les écrits hermétiques : Qui sommes-nous ? Quelle est la Cause première ? Quel est le sens et le but de la Vie ?
Gnostiques, Chrétiens, Juifs, Musulmans, Druzes, Francs-Maçons, Rosicruciens… autant de religions, de peuples et de philosophies qui trouvèrent dans l'Hermétisme le désir d'Unité et d'Union de l'ensemble de l'humanité : l'alliance de l'homme à la nature, de la nature à Dieu, de Dieu à l'homme, de l'homme à l'homme.
Mallarmé, Pic de la Mirandole, Newton, Giordano Bruno, Paracelse, Léonard de Vinci, John Dee, Albert Einstein… autant de noms illustres qui marquèrent l'histoire et apportèrent au monde sous une forme ou une autre l'héritage hermétique.
Qui fut Hermès Trismégiste ? D'où viennent les textes hermétiques ? Que contiennent-ils ? Comment ont-ils traversé l'histoire ? Autant de questions auxquelles nous allons tenter de répondre brièvement ici.
Hermès Trismégiste
Quand on prononce le nom d'Hermès, on pense immédiatement au dieu grec au caducée, fils de Zeus et de la nymphe Maïa. à partir du IIIe siècle av. J-C., Hermès va être regardé par les Grecs comme le descendant d'une divinité locale égyptienne adorée à Khmonou : Thot. Ce dernier occupait une place importante au sein du panthéon égyptien ; il est le dieu magicien assistant Isis lorsqu'elle redonne vie à Osiris, le secrétaire, le scribe des dieux, l'inventeur des hiéroglyphes. Il est aussi la Lumière de Rê dans son aspect nocturne, ce qui fait de lui l'initiateur aux Mystères et le maître des connaissances secrètes et occultes (2). Bientôt Thot et Hermès se confondent et sont regardés comme un seul et même personnage. De plus une homonymie se produit entre Thot-Hermès et un prêtre égyptien à qui l'on attribue un ensemble de textes : Hermès Trismégiste.
Pourquoi « Trismégiste : le Trois-fois-Grand »? Plusieurs hypothèses ont été avancées, d'ordre linguistique, traditionnel ou mystique. à titre d'exemple, on peut citer l'hypothèse linguistique avancée par E.O. von Lippman : « Dans les vieux textes égyptiens la triple répétition du même hiéroglyphe exprimait le pluriel, et plus tard le superlatif, de telle sorte qu'« Hermès le Grand, le grand, le grand, » doit être lu « Hermès le très grand », et non, comme cela se produisit par erreur, « Hermès le trois fois grand » ou « Trismégiste ». » (3)
Citons encore la théorie plus mystique de H.-C Puech. Celui-ci se fait l'écho d'un commentaire du Phèdre de Platon réalisé par Hermias d'Alexandrie. Ainsi, Hermès serait venu trois fois en Égypte et, lors de son troisième séjour, il se serait « souvenu de lui-même », renaissant à sa propre nature et se souvenant de ses incarnations précédentes : « Hermès à qui les mérites de ses deux vies antérieures, toutes consacrées à la sagesse et à la science, ont valu, au cours de sa troisième existence, de reprendre conscience et possession de son “moi” authentique par un acte extraordinaire et illuminateur de réminiscence ». (4)
Dans cette interprétation Hermès devient le modèle de l'herméneute et de l'ésotériste, en traversant les époques, avant, pendant et après le déluge : il devient le dépositaire des connaissances. Mieux, il intègre celles-ci et, faisant corps avec elles, il devient la sagesse, il devient l'archétype de l'initié et de l'accompli, source intarissable d'inspiration pour des générations de chercheurs en quête des vérités les plus sublimes.
Pour conclure ce bref aperçu de l'aspect historique d'Hermès, il faut citer Julius Evola et C.G. Jung : « …le personnage d'Hermès correspond moins à une personne qu'à une influence spirituelle. » (5)
« Hermès est l'une des figures les plus remplies de contradictions du syncrétisme hellénistique, duquel sont émanés les développements décisifs de l'Occident : Hermès est un dieu des révélations et, dans la philosophie naturelle du haut Moyen âge, rien de moins que le Noûs créateur du monde. » (6)
Le Corpus Hermeticum
Jamblique cite le témoignage de Manethon qui attribue à Hermès 36 525 livres. Plus raisonnable, Seleucus, toujours cité par Jamblique, évalue les œuvres d'Hermès à 20 000 livres.
En réalité, ce qu'on appelle aujourd'hui le Corpus Hermeticum est un ensemble de dix-sept traités vraisemblablement écrits entre le IIe siècle avant et le IIIe siècle après notre ère : le Poimandrès ou Pimandre, l'Asclepius ou Discours parfait, les Fragments de Stobée (parmi lesquels on trouve la Koré Kosmou, texte d'une importance cosmogonique majeure) et enfin le De castigatione animae (Du châtiment de l'âme), texte arabe postérieur datant vraisemblablement du IXe ou Xe siècle. Outre ces textes cosmogoniques, une série d'écrits hétérogènes peut être classée comme suit : les écrits astrologiques, les sciences occultes et les sciences alchimiques.
La fin de l'antiquité et la destruction de la bibliothèque d'Alexandrie font tomber dans l'oubli une partie des manuscrits hermétiques. Les ésotéristes médiévaux (c'est-à-dire surtout les alchimistes) travailleront sur la base de l'Asclepius et des écrits alchimiques. Ainsi, si depuis la Renaissance on s'accorde à dire que le Pimandre est l'essence même du Corpus Hermeticum, il fut totalement oublié par le Moyen âge. C'est un moine qui le retrouve en Macédoine et le rapporte à Florence vers 1450. Dix ans plus tôt Cosme de Médicis, dont la réputation d'ami des lettres n'est plus à faire, avait confié à Marcile Ficin la création de l'Académie néoplatonicienne. Le manuscrit est attribué à Hermès le Trois Fois Grand. L'enthousiasme est tel que Cosme demande à Ficin d'abandonner la traduction de Platon au profit de celle de ce nouveau manuscrit (7).
De fait Platon est alors considéré comme un des derniers maillons de la philosophia perennis : « Dans le temps où naissait Moïse, florissait l'astronome Atlas, frère du physicien Prométhée, aïeul maternel de l'ancien Mercure, de qui le petit-fils fut Mercure Trismégiste, tout ensemble le plus grand des prêtres et le plus grand des rois. Ensuite succède Orphée puis Aglaophemus, initié au savoir secret par Orphée, suivi à son tour par Pythagore, dont le disciple fut Philolaos, le maître du divin Platon » (8). Voilà un exemple de « chaîne » initiatique montrant l'origine de la prisca theologia. D'après cette conception, le savoir initiatique est transmis secrètement de maître en maître au cours des âges depuis la plus haute Antiquité. De nos jours, ce type de concept a encore cours dans les mouvements ésotériques sous le nom de Tradition Primordiale (9). Cette transmission est non seulement intellectuelle par l'apprentissage des connaissances et des textes, mais aussi spirituelle par l'initiation.
En 1471, paraît la première édition latine du Corpus Hermeticum qui ne connaîtra pas moins de 25 rééditions jusqu'en 1641. Nous nous proposons d'entrer petit à petit dans la pensée hermétique en examinant plus en détail les textes, que nous n'allons pas étudier en suivant l'ordre chronologique de leur rédaction, mais plutôt en tentant de tirer les lignes de force et les idées majeures de la pensée hermétique (10). Toutefois, il faut garder à l'esprit que les textes hermétiques ne forment pas un tout cohérent, les textes, parfois de qualité très inégale, présentent un certain nombre de contradictions doctrinales.
P. Festugière distingue deux types d'hermétisme. Un hermétisme savant et un hermétisme populaire. D'une part les hautes envolées mystiques, ésotériques et philosophiques, et d'autre part les “recettes de cuisine” visant à acquérir la longévité, à fabriquer de l'or ou à se libérer d'un maléfice. Nous ne nous intéresserons qu'à la première catégorie de textes. En effet, les véritables ésotéristes ne se serviront que de ceux-là, les seconds servant aux faiseurs d'or et de « miracles ». à ce propos, nous céderons la parole à Paracelse : « Arrière donc, tous les faux alchimistes qui prétendent que cette science divine (l'alchimie) n'a qu'un but : faire de l'or ou de l'argent ! » (11)
La philosophie hermétique
L'Asclépius est aussi appelé Discours parfait (Logos teleios). Ce manuscrit, écrit sous forme de dialogue, nous montre que la révélation hermétique se situe en Égypte, cœur du monde : « Ignores-tu donc, Asclépius, que l'Égypte est la copie du ciel, ou, pour mieux dire, le lieu où se transfèrent et se projettent ici-bas toutes les opérations qui gouvernent et mettent en œuvre les forces célestes ? Bien plus, s'il faut le dire, notre Terre est le temple du monde entier. » (Ascl., 24).
Bien sûr, il y a plusieurs sens à donner à ce passage. Dans la plupart des écrits ésotériques cœxistent le sens d'en-bas et le sens d'en-haut : un sens externe et un sens interne, un sens littéral et un sens symbolique.
Comme le fait remarquer F. Bonardel : « Cette proclamation n'est pas la manifestation d'un géocentrisme spirituel injustifiable, mais plutôt la certitude que toute révélation fait du lieu où elle survient le centre symbolique du monde, en même temps qu'elle sacralise la terre où elle advient. » (12)
Si révélation il y a, il ne s'agit pas d'une révélation complète et définitive. En effet, il s'agit plutôt de périodes cycliques de révélation et d'occultation : « Hermès vit l'ensemble des choses ; et ayant vu, il comprit ; et ayant compris, il eut puissance de révéler et de montrer. En effet, les choses qu'il connut, il les grava, et, les ayant gravées, les cacha, ayant mieux aimé, sur la plupart d'entre elles, garder un ferme silence que d'en parler, afin qu'eût à les chercher toute génération née après le monde. » (Frag. Stobée, XXIII, 5).
On est donc en présence d'une gnose, d'un enseignement de type ésotérique et initiatique qui en tant que tel, s'adresse à une minorité : « Un entretien si religieux sur un si grand sujet ne doit pas être profané par l'immixtion et la présence d'un nombreux auditoire. C'est chose impie que de divulguer à la masse un enseignement tout rempli de l'entière majesté divine. » (Ascl. prologue, 1). Mais quel est le but de ces enseignements ? à l'instar de l'ensemble des mouvements initiatiques et ésotériques, il s'agit de donner à l'initié l'accès à un monde secret, auquel le profane qu'il était n'avait jusqu'alors pas accès. L'hermétiste voit plutôt qu'il ne regarde. Par delà l'apparence du monde, il voit le monde dans sa réalité, il perçoit les causes premières.
Ainsi, dans le Poimandrès, le Noûs-Intellect-Dieu se manifeste à Hermès : « Un jour que j'avais commencé de réfléchir sur les êtres et que ma pensée s'en était allée planer dans les hauteurs [...] il me sembla que se présentait à moi un être d'une taille immense [...] qui m'appela par mon nom et me dit : Que veux-tu entendre et voir, et par la pensée apprendre et connaître ? Et moi je dis : Je veux être instruit sur les êtres, comprendre leur nature, connaître Dieu. [...] à ces mots, il changea d'aspect, et subitement tout s'ouvrit devant moi en un moment, et je vis une vision sans limites, tout devint lumière, sereine et joyeuse [...] Et peu après, il y eut une obscurité se portant vers le bas, survenue à son tour, effrayante et sombre, qui s'était roulée en spirales tortueuses, pareille à un serpent [...] Puis cette obscurité se changea en une sorte de nature humide [...] produisant une sorte de son, un gémissement indescriptible. Puis il en jaillit un tel cri d'appel, sans articulation, que je le comparais à une voix de feu, cependant que sortant de la lumière [...], un Verbe saint vint couvrir la Nature. »
(Poim.1-10)
Après la création de la lumière et des ténèbres, on voit l'opposition entre la clameur brutale et inarticulée issue du Chaos et la valeur lumineuse du Logos, Verbe divin. « Cette lumière, c'est moi, Noûs, ton Dieu, celui qui existe avant la nature humide qui est apparue hors de l'obscurité. Quant au Verbe lumineux issu du Noûs, c'est le fils de Dieu. » Cette conception du Verbe divin peut, si on croit les textes hermétiques fort anciens, suggérer une pensée pré-christique. Rapprochement que ne manquèrent pas de faire certains Pères de l'Église qui virent dans l'hermétisme l'annonce du christianisme.
Mais l'homme dans tout cela ? Quelle est sa place au sein de la pensée hermétiste ? L'homme a été créé par Dieu à son image et se vit livrer la garde de la Création, mais séduit par la beauté de celle-ci, l'Homme brûla du désir de la rejoindre : « Alors l'Homme, qui avait plein pouvoir sur le monde des êtres mortels et les animaux sans raison, se pencha à travers leur enveloppe, et il fit montre à la Nature d'en bas de la belle forme de Dieu…la Nature sourit d'amour, car elle avait vu les traits de cette forme merveilleusement belle de l'Homme se refléter dans l'eau et son ombre sur la terre. Pour lui, ayant perçu cette forme à lui semblable présente dans la Nature, reflétée dans l'eau, il l'aima et il voulut habiter là. Dès l'instant qu'il le voulut, il l'accomplit, et il vint habiter la forme sans raison. Alors la Nature, ayant reçu en elle son aimé, l'enlaça toute, et ils s'unirent, car ils brûlaient d'amour. » (Poim. I, 14). Voilà pour la chute. L'Âme de l'Homme, charmé par la matière et désireux d'en faire l'expérience, se retrouve prisonnier en son sein. Pourtant il reste en lui les traces de sa nature divine. L'homme est donc double : « mortel de par son corps, immortel de par l'homme essentiel » (Poim. I, 15). Cette nature pneumatique, il doit réapprendre à l'exprimer et à la développer afin de faire l'ascension du monde céleste. Il s'agit d'un schéma chute-exil-régénération qui apparaît dans la plupart des mouvements ésotériques postérieurs (Rosicrucianisme, Martinisme, Kabbale et même Soufisme) et permet à l'initiable de « rebrousser chemin vers les choses anciennes et primordiales ».
Il y a donc un lien entre l'homme et le Divin, entre le ciel et la terre. Mais ce lien dépasse le stade de simple médiation, il est aussi sympathie : « Il est vrai et sans mensonge, que tout ce qui est en bas est comme ce qui est en haut ; et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas : pour accomplir le miracle d'une seule chose. De même que toutes choses tirent leur origine de la Chose Unique Seule, par la volonté et le verbe de l'Un, Seul et Unique qui l'a créée dans Son Esprit, de même toutes les choses doivent leur existence à cet Un par ordre de la Nature et peuvent être améliorées par l'Harmonie avec cet Esprit. » (Table d'émeraude).
Il s'agit donc de se mettre en sympathie, de devenir Un, le Tout, de ne plus faire qu'un avec la Nature, Dieu et l'Univers : « Monte plus haut que toute hauteur, descend plus bas que toute profondeur. Rassemble en toi-même les sensations de tout le créé, du feu et de l'eau, du sec et de l'humide, imaginant que tu es à la fois partout, sur la terre, dans la mer, au ciel, que tu n'es pas né encore, que tu es dans le ventre maternel, que tu es adolescent, vieillard, que tu es mort, que tu es par-delà la mort. Si tu embrasses par la pensée toutes ces choses à la fois, temps, lieux, substances, qualités, quantités, tu peux comprendre Dieu. » (Poim. XII, 20). Le monde terrestre est donc considéré comme une médiation, un point d'appui sur lequel l'initié va se baser pour entamer sa remontée vers le Tout. Hermès est considéré comme l'accompli : « Une âme qui possédât le lien de sympathie avec les mystères du ciel : voilà ce qu'était Hermès qui a tout connu. » (Koré Kosmou, 5). L'initié aux mystères hermétiques devient son digne successeur : « Ce sont eux (les initiés) qui, ayant appris d'Hermès que les choses d'en bas ont reçu du Créateur l'ordre d'être en sympathie avec celles d'en haut, ont institué sur la terre les fonctions sacrées liées verticalement aux mystères du ciel. » (Koré Kosmou, 68).
La pensée hermétique va parcourir énormément de chemin, à la fois dans le temps mais aussi dans l'espace. Nous verrons brièvement sa destinée en Orient et en Occident.
L'hermétisme en Orient
On perd la trace du Corpus Hermeticum en Occident entre le VIe siècle et le XIe siècle. W. Scott suggère qu'il aurait été conservé par les Sabéens qui célébraient un culte consacré à Hermès-Thot jusqu'au XIe siècle. Les Sabéens faisaient remonter leur origine à Hermès et ils produisirent eux-mêmes un certain nombre d'écrits originaux dont ils attribuaient le contenu à Hermès lui-même. Ainsi en est-il du Risâlat fi'n-nafs (Lettre sur l'âme) et les Institutions liturgiques d'Hermès rédigé probablement par Thâbit ibn Qorra de Bagdad(14).
Très tôt dans le monde islamique on s'intéresse à Hermès. Celui-ci est en effet reconnu d'emblée comme un prophète et ce par les autorités les plus exotériques. On se souvient, en effet, que la religion musulmane ne s'est jamais posée en nouvelle révélation mais que Muhammad est le « sceau des prophètes ». C'est-à-dire le dernier maillons d'une chaîne de prophètes (Noé, Moïse, Jésus,…), tous porteurs d'une partie du message Divin. Hermès apparaît ainsi à deux reprises dans le Coran et dans certains hadiths sous le nom d'Idris : « à l'époque d'Idris, les anges s'adressaient aux hommes, les saluaient, leur parlaient, les fréquentaient, car c'était une ère d'harmonie » dit un hadith. On assimila également Idris-Hermès à Hénoch ce qui lui donna une présence considérable et permit à l'Islam de se rapprocher de la tradition helléno-égyptienne.
Pour la tradition islamique, il y eut trois Hermès :
1. Hermès le Majeur qui vécut avant le déluge. Il reçut par inspiration divine la science de l'écriture, de l'astronomie et de l'architecture. C'est lui qui fit construire les pyramides pour y graver en hiéroglyphes les secrets de la création et ainsi les préserver du déluge.
2. Hermès le Babylonien qui vécut après le déluge. Maître en médecine, en philosophie, en mathématique. C'est lui qui initia Pythagore aux mystères de la science sacrée.
3. Hermès l'égyptien. Maître d'Esculape, il est le premier à enseigner l'alchimie et fut une des plus grandes autorités en magie et en sciences occultes de tous les temps.
Celui du Coran est le premier. En effet, il s'agit d'Idris, fils de Yared, l'arrière-petit-fils de Seth, ayant vécu peu avant Noé. Son rôle principal fut celui de savant civilisateur et son message fut plus une transmission de techniques qu'une parole religieuse. Mais Idris-Hermès n'a pas obtenu ces sciences par recherche personnelle mais bien par inspiration divine. Ces sciences : mathématiques, astronomie, médecine, sont autant de prolongements de l'activité divine sur Terre, autant de moyens et de méthodes pour connaître Dieu. Idris-Hermès est le héros civilisateur porteur, non pas d'une science mécanique mais de la Science, science du monde, des hommes et de l'univers, mystères du cosmos, du microcosme et du macrocosme, de la sagesse divine : Idris-Hermès, le prophète sans visage.
En effet, si Idris est un des quatre piliers soufis sur lesquels repose la hiérarchie mystique des saints qui soutient l'existence du monde, il n'en demeure pas moins une figure énigmatique et intemporelle. Ces quatre piliers sont en fait les quatre prophètes immortels qui reviendront à la fin des temps pour accomplir une tâche bien précise : Jésus combattra les forces de l'idolâtrie et du mal, Elie est l'intercesseur auprès des Amis de Dieu, Khadir l'Initiateur des initiateurs. Mais Idris n'a ni fonction, ni rôle historique à jouer. D'où vient cet imprécision ? S'agit-il réellement d'une imprécision ? Ou plutôt s'agit-il de mettre en évidence par l'absence, procédé ésotérique classique ?
Pierre Lory souligne que selon les sources ésotériques musulmanes, Hermès aurait rédigé des odes en arabe, en hébreu et en syriaque. Cette polyglossie est le signe de l'intemporalité et de l'universalité d'Idris-Hermès ; celui-ci ne se rattache à aucune tradition en particulier, ou plutôt il se rattache à l'ensemble des traditions monothéistes.
Une lecture plus ésotérique, verticale, donne à Hermès-Idris toute sa dimension. En effet certaines traditions soufies donnent une valeur ésotérique aux langues susmentionnées « qui dépasse de beaucoup leur fonction littéraire et liturgique dans l'histoire ». Le syriaque est la langue des anges, utilisée dans les rituels magiques et théurgiques. L'arabe aurait été la langue parlée par Adam au Paradis et l'hébreu, un idiome de l'arabe que les hommes se seraient mis à parler sur terre après la chute. « Idris parlait donc les langues du ciel, de la terre, et celle de l'homme à l'état accompli, l'arabe. Il s'est exprimé à ces trois niveaux de conscience et d'être en poèmes, c'est-à-dire en un discours structuré et proféré selon des harmonies métriques donc mathématiques : parole du parfait équilibre de l'intellect purifié » (15) et reflet de l'harmonie divine.
Selon Pierre Lory, si on met les réflexions précédentes en parallèle avec plusieurs textes de théurgie mentionnant Idris-Hermès invoquant sa Nature Parfaite ou étant lui-même la Nature Parfaite de l'orant, on peut comprendre alors Idris-Hermès comme le maître intérieur, l'ange personnel de l'ésotériste qui est en réalité le Soi supérieur. Car comme le suggère le traité occulte du Ghayat al-hakim, Hermès était à la recherche de son être supérieur : le découvrant, il devient lui-même cette Nature Parfaite. Ainsi en sera-t-il de l'initié soufi qui, réalisant sa part divine, devient le reflet de Dieu.
L'hermétisme en Occident
C'est sans doute chez les alchimistes que la tradition hermétique trouva le plus d'écho en Occident. Les premiers grands traités d'alchimie occidentale datent du XIIe siècle avec la première traduction latine du Livre de la Compositio d'Alchimie de Morien par Robert de Chester (1144). On doit encore citer De alchimia d'Albert le Grand, le Traité de la Pierre philosophale de saint Thomas d'Aquin, la Lettre sur les prodiges de la nature et de l'art de Roger Bacon, le Rosaire des philosophes d'Arnaud de Villeneuve, l'Ars Magna de Raymond Lulle, etc.
On parle ici de la véritable alchimie, celle qui se double de l'alchimie spirituelle et de la recherche de la pierre philosophale intérieure, non pas celle des « souffleurs » et des faiseurs d'or qui ne visent qu'à produire des richesses matérielles. Comme on l'a vu plus haut, le moyen âge « oublie » le Poimandrès mais utilise l'Asclepius. Le texte sans doute le plus étudié par les alchimistes d'alors est la Table d'Emeraude (Tabula Smaragdina).
A la Renaissance, c'est la redécouverte du Poimandrès. Des hommes comme Marcile Ficin et Pic de la Mirandole représentent la figure type de l'érudit renaissant. Alliant la connaissance la plus parfaite en sciences exotérique (médecine, astronomie, grammaire, théologie…) à la recherche intérieure et spirituelle la plus profonde (Kabbale, magie, astrologie, alchimie...), ils ont une soif inextinguible de connaissances et, voyant en toutes choses l'œuvre du divin, ils étudient toutes ses manifestations sous le plus de facettes possibles.
En 1614, Isaac Casaubon rétablit la véritable datation des textes attribués à celui qu'on disait « contemporaneus Moysi ». Dès lors, l'hermétisme perd-il du crédit ? Au contraire, les courants ésotériques se réclamant de la sagesse hermétique continueront à fleurir jusqu'à nos jours. Ces textes sont plus récents, ils datent du IIe siècle après J-C, qu'importe ! Pour les ésotéristes, les connaissances et la sagesse sont intemporelles, en ce qu'elles parlent de l'Homme et de l'Univers, de la nature éternelle de l'être humain et de ses relations, de ses liens, de sa synchronicité avec l'ensemble de la Création.
Françoise Bonardel se demande si « le rôle de l'hermétisme n'a pas toujours plus ou moins été de faire naître une transfiguration de sens là où l'on peut être effectivement tenté de ne voir que défiguration d'une vérité ; s'il n'a pas toujours eu pour tâche, souvent occulte, de relayer certains systèmes de savoir en perdition, non pour imposer la seule compensation du mythe, mais pour réorienter autrement le savoir. »
à partir du XVIIe siècle, Hermès semble tombé dans l'oubli. En 1658, B. de Lansac écrit : « Connaissant le goût du siècle comme je fais, je suis fort sûr qu'on aimerait beaucoup mieux voir des traités de philosophie selon Descartes que selon Hermès. Le premier est à la mode et a toutes les grâces de la nouveauté, au lieu que le dernier est si vieux et si usé qu'à peine son nom est-il connu du monde. » (13)
Mais l'hermétisme survit de manière occulte, sous-tendant l'ensemble des mouvements ésotériques en quête d'une compréhension gnostique du monde et œuvrant à un perfectionnement intérieur assimilable à la quête de la pierre philosophale.
Au dix-huitième siècle, l'hermétisme est, sous une forme christianisée, sous-jacent à l'illuminisme. Il serait banal d'opposer deux dix-huitièmes siècles, celui des Lumières et celui de l'illuminisme. D'un côté Voltaire exaltant les vertus de la Raison et de l'autre Louis-Claude de Saint-Martin ne visant qu'à la réintégration. Comme le rappelle Pierre Riffard, « Ce schéma, tout scientiste, est une caricature ». Le tableau est plus nuancé : Newton découvre la gravitation universelle et en parallèle travaille sur le Grand Œuvre, Antoine Court de Gébelin marque son temps par son érudition et ses recherches sur l'origine des civilisations tout en étant membre des Élus-Cohens.
L'illuminisme n'est en aucun cas l'opposé des Lumières. Les ésotéristes et Illuminés du XVIIIe siècle ne sont pas des marginaux, ils s'inscrivent dans la mentalité de leur époque. Ils ont soif d'une connaissance universelle, ils étudient l'homme et le Grand Livre de la Nature et ne se satisfont pas de la science nouvelle qui réduit l'homme au produit passif de lois mécaniques
L'hermétisme aujourd'hui
Aujourd'hui encore certains groupes ésotériques et initiatiques authentiques étudient les textes et les enseignements hermétiques. Outre l'idée (souvent fausse) que l'on peut se faire de l'ésotérisme en général, certains se posent la question de l'utilité et de la pertinence d'une pareille étude... Le Corpus Hermeticum ? Un ensemble de vieux textes poussiéreux qui ne devrait attirer l'attention que de quelques érudits et historiens... La philosophie hermétique ? Le reflet d'une certaine pensée antique et pré-scientifique, des textes à ranger parmi les expressions de la superstition et de l'ignorance humaine... L'alchimie, l'ésotérisme, Paracelse, Jacob Bœhme, Robert Fludd ? Autant d'idées et de personnes « allumées », hallucinées, fantaisistes, autant de temps perdu en vaines chimères... Voilà les jugements a priori.
« Il faut remarquer qu'aucune autre discipline ou science ne fait l'objet de pareille agressivité immédiatement, immanquablement, foncièrement. Quand on parle avec un mathématicien, on critique une démonstration ou une hypothèse, jamais la mathématique. On ne commence pas un échange de vues politiques en suspectant l'interlocuteur de folie… à peine le mot « ésotérisme » est-il lâché que fusent les railleries… » (16) On peut à juste titre s'interroger sur les raisons profondes d'une telle attitude vis-à-vis de l'ésotérisme en général. On ne peut qu'inviter le lecteur à se reporter à l'excellente analyse de Pierre A. Riffard.
Pour ce qui est des textes hermétiques en particulier, ils restent et resteront à jamais d'actualité. Car, loin de véhiculer des idées dépassées ou antiques, ils nous parlent d'éternité. Loin d'être un amas de curiosités et de superstitions, ils nous entretiennent de la nature humaine profonde, cette part de nous-même qui est en relation perpétuelle avec la Nature et l'ensemble de la Création. Sans dogmatisme, ces textes invitent à une réflexion sur la condition humaine, ils emmènent l'esprit vers le chemin des étoiles et de la divinité au cœur de nous-même, là où le Mystère réside, aux sources de la Vie, par-delà les frontières de la vie et de la mort, en un lieu où la transmutation s'accomplit, où l'homme redevient Homme et renaît à lui-même. C'est un fabuleux voyage dont on revient transformé. C'est la réalisation véritable de cette maxime intemporelle écrite sur le fronton du Temple de Delphes : « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l'Univers et les dieux. »
Notes
(1) Poimandres, p. 22-23, cité par P. Festugière, La révélation d'Hermès Trismégiste, l'astrologie et les sciences occultes, Paris, 1930.
(2) C. Rebisse, « égypte et Tradition primordiale », dans Rose + Croix, n° 188, Hiver 1998, p. 3-4.
(3) E. O. von Lippmann, Some remarks upon Hermes and Hermetica, Ambix, 1938.
(4) H.-C. Puech, En quête de gnose, t. I, p. 118.
(5) J. Evola, La tradition hermétique, Paris, p. 45.
(6) C. G. Jung, Les racines de la conscience, Paris, 1960, p. 127.
(7) A. Faivre, Présence d'Hermès Trismégiste, Paris, 1988, p. 12.
(8) Préface du Poimandrès, traduite par M. Ficin et citée par F. Bonardel, L'hermétisme, 1985, p. 64.
(9) R. Guénon, R. Steiner et H. P. Blavatsky ont développé, chacun à leur manière, ce concept présent dans tout ésotérisme.
(10) Signalons le petit ouvrage de base de Françoise Bonardel, L'hermétisme, 1985. S'il est loin d'être complet, il a le mérite de présenter les concepts et l'histoire hermétiques de manière claire, sans a priori.
(11) Cité par P. A. Riffard dans L'ésotérisme, Robert Laffont, Paris, 1990, p. 68.
(12) F. Bonardel, op. cit., p. 24.
(13) Préface à la traduction de M.-A. Crasselame, La lumière sortant par soi-même des ténèbres, p. 32.
(14) C. Rebisse, op. cit., p.10.
(15) P. Lory, « Hermès-Idris dans la tradition islamique », dans Présence d'Hermès Trismégiste, Paris, 1988, p. 106.
(16) P. A. Riffard, op. cit., p. 14-15.
12 juillet 2006
Bibliogr. - Jean-Marc GOVERNATORI " VIVRE C'EST POSSIBLE " 207 propositions pour une nouvelle société
<< VIVRE C’EST POSSIBLE >>
207 propositions pour une nouvelle société
Jean-Marc GOVERNATORI
Le Courrier du Livre, 278 pages, 18 euros
“ L’auteur, ancien entrepreneur et impliqué de longue date dans le milieu associatif, est entré en politique en 2004, convaincu de l’urgence qu’il y avait à réformer notre société, nos rapports avec nos semblables et avec le vivant. Après un premier succès à l’occasion des Européennes, avec 300 000 suffrages, << La France en action >>, le mouvement politique qu’il a créé, se donne pour objectif d’en réunir au moins un million aux Législatives de 2007.
Le livre-programme qu’il nous propose passe d’abord en revue ce qu’il appelle les “ neuf bombes”, autrement dit les défis posés au monde moderne : les pays émergents, la religion de la croissance, la démographie, l’écologie, les inégalités dans notre société et dans le monde, la révolution informatique, la puissance toujours accrue des multinationaoles, la santé et la prévention, le terrorisme politique et ses raisons. Il nous fait part ensuite de ses propositions pour édifier une nouvelle société, fondée sur des valeurs radicalement différentes, se défendant pour autant d’être un révolutionnaire qui chercherait à imposer ses vues. C’est même tout le contraire, puisqu’il veut en finir avec les oppositions stériles et dépassées entre droite et gauche, et lever l’hypothèque idéologique pour faire oeuvre de réalisme en mettant en avant l’esprit de coopération. Sont successivement abordées des questions comme: le rétablissement de la confiance à l’égard des institutions et des hommes politiques, la question-clé de l’éducation, le chômage, la santé et la prévention, la religion de la croissance, la construction d’un véritable esprit européen et la coopération avec le tiers-monde. L’auteur, qui se trouve ainsi en phase avec les aspirations de la “ société civile “, vise haut puisqu’il souhaite faire de notre pays “ une nation exemplaire “. >>
+ P. 34 à 37 Entretien avec Jean-Marc Governatori, propos recueillis par Alain Chevillat
EXTRAITS DE LA REVUE N° 9 2006 - POUR UNE EUROPE DES CONSCIENCES
<alliance@europedesconsciences.fr> Tél. 03 85 60 40 33
fax 03 85 60 40 31 www.terre-du-ciel.fr
La France en action
Bâtiment I.D. - RN 16 - 95270 Chaumont
tél. 08 10 81 28 72 - fax 08 10 59 96 48
www.lafranceenaction.com
11 juillet 2006
Revue Espoir N° 122 - Juin 2006 : Jardiniers de la vie, Prisons, Un coin de ciel bleu ...
ASSOCIATION ESPOIR 78a, avenue de la République B.P. 80148
68017 COLMAR tél. 03 89 41 50 93 fax. 03 89 23 12 46
e mail : contact@association-espoir.org www.association-espoir.org CCP 55 81 k Strasbourg Reconnue de mission d'utilité publique
Lauréate de la Fondation Marc Boegner
Revue de l’association Espoir
Juin 2006 - 6 euros N° 122
SOMMAIRE
P. 3 Éditorial << Attaquer au fond >> Bernard Rodenstein
P.4 Entre nous - 30è anniversaire de la revue Espoir, au 1er trimestre 1976 - Éditorial de Bernard Rodenstein
P. 6 Un coin de ciel bleu << Habiter son quartier autrement ... >> avec la compagnie Degadezo
Un << atelier tissu au foyer Tjibaou, avec Brigitte - Textes et photos Nicole Hering
P.8 La chronique de Paul Itique - Aimer au lieu de haïr - Après le plombier, le plongeur
P.10 et 11 Prisons
<< C’est dans les prisons que l’idée de liberté prend le plus de force et peuêtre ceux qui enferment les autres dedans risquent-ils de s’enfermer dehors >> Jean Cocteau
D’après les données que vient de publier l’INSEE, 20% des prisonniers ne voient jamais leur famille. 50% des priqsonniers qui ont 18 à 29 ans a au moins 1 visite par semaine. Après 50 ans ou plus, ils ne sont plus que 25%. La moitié des détenus qui ont des enfants les voient une fois par an, 16% une fois par semaine et 17% une fois par mois.
États généraux 2006
Le droit à la parole pour la dignité - d’après les Cahiers de l’OIP, mars/avril 2006 - Nicole Lefèvre
Ma fille
La petite fille dansait dans ma tête
La petite fille aux beaux cheveux bruns.
Petite fille, cela fait deux ans que je ne t’ai vue.
Ton père n’est pas sur le droit chemin
Et ta maman ne veut pas que tu vois un délinquant !
Petite fille aux yeux verts
La petite fille dont j’entends la voix.
Océane, tu danses toujours dans ma tête,
Tu fais rêver ton papa.
Petite fille, ma petite fille, tu es toute ma vie.
La petite fille me prendra par la main
Pour me faire changer de chemin.
Petite fille, tu n’es pas plus grande que trois pommes
Mais tu peux retourner un homme.
Adieu alcool, drogue, bagarres.
Ma petite fille, je veux te revoir.
Petite fille, viens mettre du soleil dans mon coeur.
Fais-moi entendre ton rire étoilé, Pour que je puisse simplement vivre et m’émerveiller. >> H. Jonathan
telier d’é
Écritures de la maison d’arrêt de Colmar, animé par Marguerite Rodenstein. Ce texte est lauréat au cConcours régional d’Écritures 2006 “ Le Plaisir d’Écrire “ P. 10 de la Revue de l’association Espoir N°122
Motion adoptée par l’Assemblé générale d’Espoir
Coupables et condamnables, oui, << irrécupérables >>, non
P.12 Parlons-en
Procès du crash du Mont Sainte-Odile
ESPOIR, une présence aussi importante qu’utile
P.13 Samedi 14 et Dimanche 15 octobre 2006
Colloque Mittelwihr
le colloque d’Espoir est un moment de rencontre et d’échanges ouvert à tous pour mettre en commun l’expérience et l’espoir de chacun
Espérer, c’est résister
P. 14 à 17 Assemblée Générale
Du pain sur la planche
La passation du relais entre Annette Ehrlacher, directrice générale et son fils Jean-Michel a été officialisée lors de notre Assemblée générale du 21 mars 2006
Espoir, pour quoi ?
Rappel des buts de l’association, tels qu’ils sont inscrits dans nos nouveaux statuts
Article 2 : objet
Le but de l’association est de rechercher dans un esprit de respect et de fraternité, la rencontre et l’accompagnement de personnes seules ou de familles marginalisées ou en danger de le devenir.
Article 3 : moyens d’actions
Afin de réaliser son but, l’association se propose notamment :
1. De s’informer et d’informer l’opinion publique sur les causes profondes qui sont à l’origine de la marginalisation d’un nombre croissant d’êtres humains au moyen notamment de l’édition de revues, de l’organisation de conférences, séminaires ...
2. De créer et de gérer, seule ou en partenariat avec des organismes publics ou privés poursuivant des buts similaires, toutes réalisations telles que services et foyers d’accueil et d’hébergement, ateliers, coopératives, logements, lieux de vie, maisons relais, hôtels sociaux, gîtes, services de restauration et d’accompagnement social, fonds de solidarité, services de prévention et d’entraide, agences d’emploi et services de formation et de loisirs, etc ... de nature à offrir à ces personnes des conditions d’existence décentes et respectueuses de leur dignité; de vendre, de manière permanente ou occasionnelle, tous produits ou services entrant dans le cadre des activités visées à l’alinéa précedent et susceptibles de contribuer à leur réalisation :
3. De créer, et de gérer des services d’aide aux victimes d’infractions pour faire valoir la reconnaissance de leurs droits : d’assurer dans le ressort judiciaire pour lequel elle est habilitée, les missions de médiation et celles favorisant la réparation des dommages ainsi que les missions d’enquête et de contrôle judiciare qui lui sont confiées par l’autorité judiciare;
4. De promouvoir les droits et le respect dû aux personnes en situation d’exclusion, de fragilité physique et/ou psychique et d’engager des actions en justice contre les institutions privées ou publiques, en cas de non mise en oeuvre des droits garantis par la loi.
DÉCLARATION
Nous, membres de l’Assocition Espoir, réunis en Assemblée Générale ce 21 mars 2006 à Colmar, constatons avec inquiétude que la précarisation de pans entiers de notre société se poursuit.
Nous déplorons l’absence d’une véritable volonté politique susceptible d’inverser la tendance qui conduità l’exclusion de plusieurs millions de nos citoyens et l’adoption de mesure sociales et économiques qui ne font que conscrer la fracture du corps social en classes de plus en plus hiérarchisées.
Nous insistons sur les risques de radicalisation inhérents à cette rupture d’égalité et sur les haines qui se développent inévitablement jusqu’à des affrontements violents.
L’approche des élections nationales et locales devrait être l’occasion de s’expliquer dans la sérénité. Il est à craindre cependant que la course aux voix pousse encore davantage à des visions simplistes et outrancières et à la désignation de boucs émissaires : l’étranger en premier lieu.
Nous, membres de l’Association Espoir, appelons l’opinion publique à la vigilance et à la raison.
Les fondamentalismes qui prospèrent et doivent être combattus avec fermeté et détermination, se norrissent toujours et en tous lieux de discrimination, d’injustices et de frustrations.
Ces inégalités ne sont jamais le fruit du hasard. Elles résultent d’un manque évident de fraternité et d’une funeste erreur de choix que font la plupart des sociétés qui ont opté pour leur soumission aveugle aux lois qui institutionnalisent le chacun pour soi.
Une autre conception de la vie en commun est possible.
S’entretuer sur fond d’égoïsme, de soif de posséder et d’indifférence à autrui n’est pas un horizon indépassable.
L’humanité a mieux à vivre dans la découverte toujours renouvelée du bonheur que confèrent l’amitié, l’amour, la solidarité.
En nous consacrant à l’accueil et à l’accompagnement d’hommes et de femmes rejetés à la marge, nous faisons l’expérience quotidienne d’un mieux-être procuré par l’accès à l’hébergement, au travail, et par la mise en oeuvre de liens solides;
Nous encourageons nos concitoyens à s’engager sur cette voie et à construire patiemment la fraternité à laquelle le plus grand nombre aspire.
L’année 2005 en quelques chiffres
Le CAVA
P. 18 à 31 Jardiniers DOSSIER
- 2 textes
- Jardiniers chez Espoir
Pour semer, faire pousser, entretenir et même récolter
- Les errements de la volonté
Réflexion autour des fondements de l’équité
L’égalité de tout homme en dignité affirmée par la charte d’Espoir s’affronte à une conception différente de la justice : celle dite de l’équité, selon laquelle chacun doit recevoir selon son mérite. Cette dernière repose sur une exaltation de la volonté individuelle qui, si elle peut sembler mettre en valeur la liberté de chacun, menace en même temps de conduire à la dégradation de celle de quelques-uns.
° Bienheureux les hommes de bonne volonté
° Ce que l’on veut et ce que l’on peut
° Éloge de la volonté et volonté d’exclure
° Égalité en dignité et hiérarchie des volontés
Nourritures terrestres
C’est avec une grande passion et un profond respect que Hugues Chaudun travaille la terre. En échange, la terre lui offre ce qu’elle a de meilleur.
” Ne se mettre à genoux que pour cueillir une fleur” Jacques Brel
Libérons les semences
Espoir a signé la pétition.
Jardiner le champ de l’Emploi
Il existe un postulat en vertu duquel seule une croissance forte peut générer des emplois et donc du travail pour tous. C’est là ce cercle vertueux qui est présenté comme le modèle idéal pour toute société. Plus forte est la croissance, plus nombreux sont les emplois.
° Plus les emplois sont nombreux, plus forte est la croissance.
° Que pourrait-on faire contre cela ?
CF. Le livre de Jean-Marie PELT << La solidarité chez les plantes, les animaux et les humains >> Fayard 2004
Parc de Schoppenwihr
“ Un jardin nous enseigne les grandes règles de vie “
Rencontre avec François de Watteville, au Parc de Schoppenwihr
“ Là tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté “ Baudelaire
° Un jardin sans limites
° Un jardin où les arbres dominent le temps
La terre n’appartient pas aux hommes
4 citations
“Jeter sur le monde un autre regard
Regarder le monde avec d’autres yeux que les siens “
Jardin des deux rives à Strasbourg
P. 32 Au bout du PHIL
Caricature
P.32 Cueilli ici et là
° La guerre est une barbarie
° Ce sont 40 000 Alsaciens et Mosellans qui sont morts pendant la guerre
“ Il y a des mots qu’on cueille comme des fruits un peu acides ou comme des fleurs qu’on aimerait offrir ... C’est selon ... “
ANPNOGD Délégation Alsace 78a, avenue de la République
BP 80146 68017 Colmar
Secrétariat ligne directe : 03 89 20 63 11
P. 34 et 35 AILLEURS et ici
La révolte gronde`
Nouvelle Calédonie
<< Bientôt une pollution transparente,
40 000m3/jour d’eaux à 40° Celsius;
25 métaux lourds ou 5 000 tonnes dissous,
Le courant de l’Havanah les déposera
dans nos baies,
Sur nos récifs du Sud, de l’est ou de l’ouest.
Bientôt, rentreront en action les pluies acides
tant redoutées,
Alors, nous verrons nos forêts, maquis
miniers endémiques
Brûler sous nos yeux impuissants. >>
Mohamed Benchicou
Algérie
P. 36 et 37 Brèves
° Vente de la maison Oppenheimer
° Visite du président du Conseil général du Haut Rhin
° Enfin un Décret pour le financement des lieux de vie
° Des chèques pour Espoir
° L’aide à la médiation locative est rétablie
° Calendrier 2007 - 1 euro pour avoir Espoir dans sa cuisdine
P. 38 à noter
Charte de l’Assdociation Espoir
Invitations diverses
P. 39 Comment soutenir Espoir
P. 40 Un poème de Bernard Rodenstein “ Il chante “
10 juillet 2006
terre sacrée - Plus de 16 000 espèces nouvelles découvertes par an + Sauve qui peut la Terre !
Plus de 16 000 espèces nouvelles découvertes par an
LE MONDE | 27.06.06
À ce jour, environ 1,8 million d'espèces ont été décrites, mais une grande partie du monde vivant reste encore inconnue. Les chercheurs "détectent chaque année entre 16 000 et 17 000 espèces nouvelles, un chiffre constant depuis dix ans. Les trois quarts des découvertes sont constitués par les insectes, qui représentent la majorité de la biodiversité des animaux pluricellulaires", rappelle Philippe Bouchet, professeur au Muséum national d'histoire naturelle et spécialiste de la biodiversité marine.
En dehors de l'immense masse des insectes, on recense parmi les nouvelles espèces mises en évidence chaque année 450 espèces de vertébrés - dont 250 de poissons et 20 à 30 de mammifères. Les rongeurs et les chauves-souris constituent les deux tiers des nouvelles espèces de mammifères dépistées, et l'on découvre, en moyenne, un nouveau primate par an. "Il est d'ailleurs surprenant que l'on trouve encore autant de nouveaux primates", s'étonne Philippe Bouchet.
Il ne faut pas oublier dans cette liste les plantes et les arbres dont on trouve régulièrement des nouveaux spécimens. Cela parfois dans des endroits inédits, tel le pain de Wollemi, un araucaria haut de 25 à 30 mètres, découvert il y a quelques années dans un parc national à 90 km de Sydney (Australie).
LE RÉSERVOIR DES TROPIQUES
Les trois quarts des découvertes ont lieu dans les régions tropicales, qui restent le grand réservoir des espèces de la planète. Peu connues, elles sont éloignées des centres de recherche des pays développés, excepté l'Australie. De nouvelles espèces sont aussi mises en évidence lors de l'exploration d'habitats ou de régions géographiques restés longtemps inconnus. C'est le cas des sources hydrothermales des fonds marins, proliférantes de vie et mises en évidence par hasard lors d'une exploration sous-marine en 1976.
De même, l'expédition internationale menée en 2005 dans les monts Foja - région jamais visitée de la Papouasie-Occidentale - a permis de découvrir vingt espèces inconnues d'amphibiens, quatre de papillons et cinq de palmiers, et de repérer de nombreux oiseaux rares et des mammifères très peu observés.
Certaines découvertes, spectaculaires pour les scientifiques, ne font pas l'objet de grandes présentations dans les médias, car il s'agit d'animaux microscopiques. Le grand chantier de l'exploration de la biodiversité concerne les micro-organismes et les espèces du monde océanique, dont on ignore beaucoup de choses.
Les espèces marines - 250 000 ont été décrites, sur un total de 1,8 million - sont moins nombreuses que les espèces terrestres. Mais elles sont plus variées, en raison de la diversité de leurs types d'organisation anatomique et métabolique. Le programme international Census of Marine Life, lancé en 2000, ambitionne de recenser d'ici à 2010 toutes les formes de vie marine. Depuis la plus petite bactérie jusqu'au plus gros cétacé, en passant par le krill et le zooplancton.
Christiane Galus
Article paru dans l'édition du 28.06.06
________________________________
http://terresacree.org SOS-Planete, le site de l'association Terre sacrée, parce qu'on la massacre! Base vivante d'informations incroyables, souvent abominables, mais VRAIES. L'actualité de la planète au jour le jour, enjeux écologiques planétaires, réchauffement climatique, déforestation, surpopulation mondiale, érosion de la biodiversité, derniers peuples premiers, dignité animale et humaine... Un dossier énorme sur les nouvelles menaces biotechnologiques! Des milliers d'articles indispensables.
Mailing liste d'information liée : "Pour un demain plus humain". S'abonner gratuitement : http://terresacree.org/archives.htm. Groupe de discussion : http://terresacree.org/groupe.htm
Pour adhérer à l'Association ou faire un don : http://terresacree.org/adhesion.htm
La planète est le bien commun de l'humanité. En prendre soin donne un sens à la vie.
Sauve qui peut la Terre !
Quel avenir préparons-nous à nos enfants et petits enfants ? Leur monde sera sans doute sans ours blanc, sans gazelle, sans hippopotame. Trois espèces menacées d’extinction parmi près de 100 000 autres, animales et végétales, qui disparaissent chaque année. La Terre va mal, très mal. Deux livres récents en témoignent. L’un rageur, désabusé, mais ô combien instructif, d’un collaborateur du commandant Cousteau, Yves Paccalet : L’humanité disparaîtra, bon débarras (1) ! L’autre qui tente, en dépit de constats identiques, de croire encore en l’homme : Après nous le déluge ? de Jean-Marie Pelt et Gilles-Eric Séralini (2).
Catastrophisme ? Nos trois millions d’asthmatiques (dont un million d’enfants), l’accroissement continu des cancers et la baisse de la fertilité – pour ne parler que de ces quelques maux –, devraient tout de même attirer l’attention de tous !
Certaines pages de l’histoire de notre Terre sont d’ores et déjà tournées. De l’avis de tous les experts, aujourd’hui unanimes, le climat se détériore. Et s’il est trop tard pour revenir en arrière, on peut à tout le moins éviter d’aggraver la situation en réduisant les rejets de gaz à effets de serre (voitures, avions, industries, combustions multiples…). Deuxième évidence : les ressources s’épuisent. Si les six milliards de Terriens consommaient comme nous, Européens, il ne faudrait pas moins de trois planètes comme la nôtre pour satisfaire leurs besoins, six avec le modèle américain.
Notre type de développement nuit à la Terre entière, alors, comment en changer ? C’est plus facile à dire qu’à réaliser, j’en conviens ! Les solutions ne peuvent être qu’éthiques et spirituelles. Mais l’homme en sera-t-il capable, même s’il y va de sa survie ?
Pour commencer, il faut renverser les idoles, c’est-à-dire tordre le cou à quelques idées reçues, parmi lesquelles celles-ci : les scientifiques trouveront toujours des solutions. C’est faux, cela fait près de cinquante ans, par exemple, qu’ils cherchent une parade contre le cancer, et aucun médicament, ni aucun vaccin n’ont été trouvés pour en venir à bout. La vraie solution est de réduire, sinon d’éliminer – à la source – les substances cancérigènes (tabac, alcool, produits chimiques, excès de sucre, de sel, de graisses, etc.).
Sans nous prendre pour l’avant-garde de l’humanité, le choix des alternatives est à l’évidence une piste de salut. En matière de santé, nous savons que la solution n’est pas de se focaliser sur la maladie, mais de la prévenir. La santé de la Terre relève de la même démarche. Prévenir ses perturbations revient à respecter les lois de son équilibre : pureté de l’air, couche d’ozone, maintien des grands massifs forestiers… La Terre est un « vivant », elle nous porte, elle nous nourrit. Elle devrait avoir droit à notre égard.
Prendre soin de la Terre, c’est donc remettre en question notre mode de vie : nos transports (individuels ou collectifs), nos actions de recyclage. Nous pouvons aussi nous interroger sur l’utilisation de notre argent, à quoi l’employons-nous ? Comment sera-t-il réinvesti ?
Il y a des achats conscients et solidaires, il y a aussi des placements éthiques.
Mais les actes individuels ne suffisent pas.
Le mal dont souffre notre société est d’ordre spirituel : qui peut encore croire que les objectifs de profits, de croissance économique, de consommation matérielle, de plaisirs éphémères répondent vraiment à l’attente des hommes ? Où sont nos valeurs, notre générosité ?
Ouvrons les yeux : quelle est cette croissance qui, pour la France seule, ne fabrique pas loin de six millions de « nouveaux pauvres ». Sans parler des jeunes que ce modèle laisse en marge. Quel futur pour les exclus de la croissance ?
Agissons ensemble. Mobilisons tous ceux qui sont autour de nous. Interrogeons nos élus, demandons-leur des engagements précis. Prenons la parole quand nous en avons la possibilité. Beaucoup d’entre vous sont des « leaders d’opinion » – nos enquêtes de lectorat nous l’ont montré – et sont engagés dans de nombreuses associations. Certains peuvent se faire entendre des médias. Mettons au service de tous notre expérience, nos convictions, nos choix. Il en va de l’avenir de nos enfants. Et de cette vie qui est, parfois, si jolie !
(1) Éd. Artaud.
(2) Éd. Flammarion/Fayard.
http://www.medecines-douces.com/impatient/334juin06/ed334.htm
_______________________________
http://terresacree.org SOS-Planete, le site de l'association Terre sacrée, parce qu'on la massacre! Base vivante d'informations incroyables, souvent abominables, mais VRAIES. L'actualité de la planète au jour le jour, enjeux écologiques planétaires, réchauffement climatique, déforestation, surpopulation mondiale, érosion de la biodiversité, derniers peuples premiers, dignité animale et humaine... Un dossier énorme sur les nouvelles menaces biotechnologiques! Des milliers d'articles indispensables.
Mailing liste d'information liée : "Pour un demain plus humain". S'abonner gratuitement : http://terresacree.org/archives.htm. Groupe de discussion : http://terresacree.org/groupe.htm
Pour adhérer à l'Association ou faire un don : http://terresacree.org/adhesion.htm
La planète est le bien commun de l'humanité. En prendre soin donne un sens à la vie.
09 juillet 2006
terre sacrée - Élevages :Une catastrophe écologique le point 22/6/2006
Élevages : Une catastrophe écologique - le point 22/06/06 - N°1762 - Page 68 - 1006 mots Transmis par Natacha
Catastrophe ! Le monde mange de plus en plus de viande. L'élevage industriel émet des fleuves de polluants, fait disparaître des millions d'hectares de biodiversité, abrite des virus mortels et, surtout, accélère dangereusement la fièvre terrestre. Frédéric Lewino
Pour sauver la planète, mangeons moins de viande ! L'élevage industriel qui se développe, surtout en Asie, entraîne un coût écologique de plus en plus insupportable. Ce qui amène plusieurs institutions, dont la Fao, à pousser un cri d'alarme.
On oublie que, pour fabriquer un poulet, un boeuf ou un mouton, il faut dépenser beaucoup d'énergie en chauffage, nourriture, transport, découpe de la viande, chaîne du froid... D'où un rejet important de gaz à effet de serre. Auxquels il faut ajouter le méthane émis par les ruminants. Pour le compte de l'Ademe, l'expert Jean-Marc Jancovici a chiffré la part du régime carnivore dans la fièvre terrestre. Stupéfiant ! Le kilo de viande de veau équivaut à un trajet automobile de 220 kilomètres ! L'agneau de lait : 180 kilomètres ! Le boeuf : 70 kilomètres ! Le porc : 30 kilomètres ! Et encore Jancovici n'a-t-il pas comptabilisé les apports carbonés de l'emballage, du déplacement du consommateur et de la cuisson. À titre de comparaison, la production de 1 kilo de blé ou de pommes de terre équivaut tout juste à un créneau en voiture.
Pour ne rien arranger, le cheptel mondial augmente au moins aussi vite que le parc automobile. Selon le plus récent décompte de la FAO, la planète abrite désormais 17 milliards de poulets, 1,8 milliard de moutons et de chèvres, 1,4 milliard de bovins, 1 milliard de cochons et 1 milliard de canards. Auxquels il faut ajouter les nombreuses autres espèces consommées : dindes, chameaux, poissons, chiens... Le monde devient, en effet, de plus en plus carnivore. Depuis les années 50, la consommation mon-diale de viande a quintuplé. Et même si elle stagne en Occident depuis une vingtaine d'années, elle s'envole dorénavant dans tous les pays émergents. Les Chinois et les Indiens ne se contentent plus de leur bol de riz ou de lentilles. Entre 1991 et 2002, les Chinois ont quadruplé leur régime carné et les Indiens l'ont doublé. Selon la Fao, en 2030, le tiers-monde consommera près des deux tiers de la viande mondiale. Il ne fait que suivre notre exemple avec un siècle de retard.
Mais les méfaits écologiques des élevages intensifs ne s'arrêtent pas à la fièvre planétaire. Le mal est plus profond. A commencer par l'artificialisation de la nature. Voilà longtemps que les animaux ne sont plus nourris avec de l'herbe ou des déchets. L'élevage industriel réclame des quantités astronomiques d'aliments qui monopolisent 29 % de la surface terrestre sous forme de pâturage et de cultures fourragères. Ainsi, le soja est cultivé à 90 % pour assurer l'alimentation animale. En quelques années, rien qu'au Brésil, en Argentine, au Paraguay et en Bolivie, cette culture s'est emparée de 40 millions d'hectares, surtout pour alimenter les bovins européens et chinois. Or les écologistes accusent cette extension de se faire le plus souvent au détriment de milieux naturels de grand intérêt, comme la savane arborée brésilienne, le Chaco argentin, la forêt chiquitana bolivienne. Depuis quelques années, c'est même la forêt amazonienne qui recule devant de nouvelles variétés de soja appréciant le climat tropical. En mangeant donc de la viande bien française, nous participons indirectement à la perte de la biodiversité amazonienne. Si encore cette nouvelle industrie enrichissait les petits paysans. Même pas. « Le boom du soja remplace les agriculteurs par des investisseurs financiers. Ils engrangent des bénéfices allant jusqu'à 50 % par an. Demain, ils s'en iront vers d'autres produits plus rentables, laissant derrière eux une catastrophe écologique et sociale », dénonce, dans La Revue durable, Marc Hufty, enseignant-chercheur à l'Institut universitaire d'études du développement (IUED) de Genève. Par ailleurs, fabriquer de la viande avec du soja est un gâchis protéique, puisqu'il faut 18 kilos de protéines végétales pour fabriquer 1 kilo de boeuf ! La planète serait donc bien mieux nourrie avec un régime végétarien.
C'est aussi l'élevage qui explique le succès du maïs, ce boit-sans-soif qui vide les nappes phréatiques et rend exsangues les rivières, ce consommateur d'engrais et de pesticides qui pollue l'air, le sol et l'eau. La Bretagne, qui élève un cheptel faramineux de porcs et de volailles, en sait quelque chose. « Il faudrait produire moins de viande, mieux entretenir le territoire et gérer les cycles biologiques », dit Christian Mouchet, professeur d'économie rurale à l'Agrocampus de Rennes. Importation de soja, excédents de céréales. « Le résultat est une agriculture non durable qui puise dans les ressources naturelles de façon quasi minière, économiquement inefficace et créatrice de déséquilibres territoriaux », ajoute-t-il. Quelques éleveurs tentent de faire marche arrière.
C'est pourtant cette voie bretonne peu recommandable qu'empruntent les pays émergents asiatiques. Le rivage de la mer de Chine se couvre d'élevages industriels de porcs et de volailles. Mais il y a pire que cette pollution. Depuis quelques années, la Fao s'inquiète de la cohabitation des grands centres urbains avec ces élevages géants. Le mélange est détonant. Hier, en Europe, la maladie de la vache folle a fait craindre le pire. Aujourd'hui, c'est la grippe aviaire. Lorsqu'il mutera défavorablement, le H5N1 provoquera des millions de morts dans la population humaine. Lui ou un autre. Les virus et microbes pathogènes abrités par les animaux d'élevage sont légion. « En cultivant en grande quantité des protéines (poulets, moutons...) identiques, on crée une sorte de réacteur biologique. Si un virus est adapté à un des animaux, il sera aussi adapté à tous les autres. Et l'élevage sera décimé », explique François Renaud, directeur du laboratoire Génétique et évolution des maladies infectieuses (CNRS-IRD). Louise O. Fresco, sous-directrice générale de la FAO, complète : « La nature transfrontière de ces maladies et leur capacité potentielle à franchir les barrières des espèces et à toucher l'homme constituent des enjeux sérieux. » Et de se rassurer : « La science peut faciliter un développement de l'élevage durable, équitable et sans danger, en innovant dans une vaste palette de secteurs. » Certes, la science peut tout, mais l'homme reste un fou. Comptons sur lui pour ne pas renoncer facilement à son bifteck ou à son poulet aux champignons noirs. La santé de son estomac lui importe davantage que celle de la planète. À moins d'une épidémie faisant des millions de morts...
http://www.lepoint.fr/sciences/document.html?did=180246
© le point 22/06/06 - N°1762 - Page 68 - 1006 mots
Merci à Natacha qui nous a transmis cet article.
________________________________
http://terresacree.org SOS-Planete, le site de l'association Terre sacrée, parce qu'on la massacre! Base vivante d'informations incroyables, souvent abominables, mais VRAIES. L'actualité de la planète au jour le jour, enjeux écologiques planétaires, réchauffement climatique, déforestation, surpopulation mondiale, érosion de la biodiversité, derniers peuples premiers, dignité animale et humaine... Un dossier énorme sur les nouvelles menaces biotechnologiques! Des milliers d'articles indispensables.
Mailing liste d'information liée : "Pour un demain plus humain". S'abonner gratuitement : http://terresacree.org/archives.htm. Groupe de discussion : http://terresacree.org/groupe.htm
Pour adhérer à l'Association ou faire un don : http://terresacree.org/adhesion.htm
La planète est le bien commun de l'humanité. En prendre soin donne un sens à la vie.

