terre sacrée - Plus de 16 000 espèces nouvelles découvertes par an + Sauve qui peut la Terre !
Plus de 16 000 espèces nouvelles découvertes par an
LE MONDE | 27.06.06
À ce jour, environ 1,8 million d'espèces ont été décrites, mais une grande partie du monde vivant reste encore inconnue. Les chercheurs "détectent chaque année entre 16 000 et 17 000 espèces nouvelles, un chiffre constant depuis dix ans. Les trois quarts des découvertes sont constitués par les insectes, qui représentent la majorité de la biodiversité des animaux pluricellulaires", rappelle Philippe Bouchet, professeur au Muséum national d'histoire naturelle et spécialiste de la biodiversité marine.
En dehors de l'immense masse des insectes, on recense parmi les nouvelles espèces mises en évidence chaque année 450 espèces de vertébrés - dont 250 de poissons et 20 à 30 de mammifères. Les rongeurs et les chauves-souris constituent les deux tiers des nouvelles espèces de mammifères dépistées, et l'on découvre, en moyenne, un nouveau primate par an. "Il est d'ailleurs surprenant que l'on trouve encore autant de nouveaux primates", s'étonne Philippe Bouchet.
Il ne faut pas oublier dans cette liste les plantes et les arbres dont on trouve régulièrement des nouveaux spécimens. Cela parfois dans des endroits inédits, tel le pain de Wollemi, un araucaria haut de 25 à 30 mètres, découvert il y a quelques années dans un parc national à 90 km de Sydney (Australie).
LE RÉSERVOIR DES TROPIQUES
Les trois quarts des découvertes ont lieu dans les régions tropicales, qui restent le grand réservoir des espèces de la planète. Peu connues, elles sont éloignées des centres de recherche des pays développés, excepté l'Australie. De nouvelles espèces sont aussi mises en évidence lors de l'exploration d'habitats ou de régions géographiques restés longtemps inconnus. C'est le cas des sources hydrothermales des fonds marins, proliférantes de vie et mises en évidence par hasard lors d'une exploration sous-marine en 1976.
De même, l'expédition internationale menée en 2005 dans les monts Foja - région jamais visitée de la Papouasie-Occidentale - a permis de découvrir vingt espèces inconnues d'amphibiens, quatre de papillons et cinq de palmiers, et de repérer de nombreux oiseaux rares et des mammifères très peu observés.
Certaines découvertes, spectaculaires pour les scientifiques, ne font pas l'objet de grandes présentations dans les médias, car il s'agit d'animaux microscopiques. Le grand chantier de l'exploration de la biodiversité concerne les micro-organismes et les espèces du monde océanique, dont on ignore beaucoup de choses.
Les espèces marines - 250 000 ont été décrites, sur un total de 1,8 million - sont moins nombreuses que les espèces terrestres. Mais elles sont plus variées, en raison de la diversité de leurs types d'organisation anatomique et métabolique. Le programme international Census of Marine Life, lancé en 2000, ambitionne de recenser d'ici à 2010 toutes les formes de vie marine. Depuis la plus petite bactérie jusqu'au plus gros cétacé, en passant par le krill et le zooplancton.
Christiane Galus
Article paru dans l'édition du 28.06.06
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La planète est le bien commun de l'humanité. En prendre soin donne un sens à la vie.
Sauve qui peut la Terre !
Quel avenir préparons-nous à nos enfants et petits enfants ? Leur monde sera sans doute sans ours blanc, sans gazelle, sans hippopotame. Trois espèces menacées d’extinction parmi près de 100 000 autres, animales et végétales, qui disparaissent chaque année. La Terre va mal, très mal. Deux livres récents en témoignent. L’un rageur, désabusé, mais ô combien instructif, d’un collaborateur du commandant Cousteau, Yves Paccalet : L’humanité disparaîtra, bon débarras (1) ! L’autre qui tente, en dépit de constats identiques, de croire encore en l’homme : Après nous le déluge ? de Jean-Marie Pelt et Gilles-Eric Séralini (2).
Catastrophisme ? Nos trois millions d’asthmatiques (dont un million d’enfants), l’accroissement continu des cancers et la baisse de la fertilité – pour ne parler que de ces quelques maux –, devraient tout de même attirer l’attention de tous !
Certaines pages de l’histoire de notre Terre sont d’ores et déjà tournées. De l’avis de tous les experts, aujourd’hui unanimes, le climat se détériore. Et s’il est trop tard pour revenir en arrière, on peut à tout le moins éviter d’aggraver la situation en réduisant les rejets de gaz à effets de serre (voitures, avions, industries, combustions multiples…). Deuxième évidence : les ressources s’épuisent. Si les six milliards de Terriens consommaient comme nous, Européens, il ne faudrait pas moins de trois planètes comme la nôtre pour satisfaire leurs besoins, six avec le modèle américain.
Notre type de développement nuit à la Terre entière, alors, comment en changer ? C’est plus facile à dire qu’à réaliser, j’en conviens ! Les solutions ne peuvent être qu’éthiques et spirituelles. Mais l’homme en sera-t-il capable, même s’il y va de sa survie ?
Pour commencer, il faut renverser les idoles, c’est-à-dire tordre le cou à quelques idées reçues, parmi lesquelles celles-ci : les scientifiques trouveront toujours des solutions. C’est faux, cela fait près de cinquante ans, par exemple, qu’ils cherchent une parade contre le cancer, et aucun médicament, ni aucun vaccin n’ont été trouvés pour en venir à bout. La vraie solution est de réduire, sinon d’éliminer – à la source – les substances cancérigènes (tabac, alcool, produits chimiques, excès de sucre, de sel, de graisses, etc.).
Sans nous prendre pour l’avant-garde de l’humanité, le choix des alternatives est à l’évidence une piste de salut. En matière de santé, nous savons que la solution n’est pas de se focaliser sur la maladie, mais de la prévenir. La santé de la Terre relève de la même démarche. Prévenir ses perturbations revient à respecter les lois de son équilibre : pureté de l’air, couche d’ozone, maintien des grands massifs forestiers… La Terre est un « vivant », elle nous porte, elle nous nourrit. Elle devrait avoir droit à notre égard.
Prendre soin de la Terre, c’est donc remettre en question notre mode de vie : nos transports (individuels ou collectifs), nos actions de recyclage. Nous pouvons aussi nous interroger sur l’utilisation de notre argent, à quoi l’employons-nous ? Comment sera-t-il réinvesti ?
Il y a des achats conscients et solidaires, il y a aussi des placements éthiques.
Mais les actes individuels ne suffisent pas.
Le mal dont souffre notre société est d’ordre spirituel : qui peut encore croire que les objectifs de profits, de croissance économique, de consommation matérielle, de plaisirs éphémères répondent vraiment à l’attente des hommes ? Où sont nos valeurs, notre générosité ?
Ouvrons les yeux : quelle est cette croissance qui, pour la France seule, ne fabrique pas loin de six millions de « nouveaux pauvres ». Sans parler des jeunes que ce modèle laisse en marge. Quel futur pour les exclus de la croissance ?
Agissons ensemble. Mobilisons tous ceux qui sont autour de nous. Interrogeons nos élus, demandons-leur des engagements précis. Prenons la parole quand nous en avons la possibilité. Beaucoup d’entre vous sont des « leaders d’opinion » – nos enquêtes de lectorat nous l’ont montré – et sont engagés dans de nombreuses associations. Certains peuvent se faire entendre des médias. Mettons au service de tous notre expérience, nos convictions, nos choix. Il en va de l’avenir de nos enfants. Et de cette vie qui est, parfois, si jolie !
(1) Éd. Artaud.
(2) Éd. Flammarion/Fayard.
http://www.medecines-douces.com/impatient/334juin06/ed334.htm
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